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Quad9 quitte la France le 24 novembre sous astreinte judiciaire

Condamné à bloquer des sites de streaming sportif sous astreinte de 1 000 €/jour, le résolveur DNS Quad9 cessera son service en France le 24 novembre 2026.

Publié le 3 min de lecture

Le résolveur DNS public Quad9 cessera de fournir son service récursif aux utilisateurs situés en France le 24 novembre 2026. La fondation l'annonce dans un billet intitulé « Au revoir France » publié le 22 octobre, après une décision de justice qu'elle juge contraire à « la transparence et la stabilité d'Internet ». Si vous utilisez 9.9.9.9 en production ou en résolution de secours, prévoyez une bascule avant cette date.

Ce qu'a décidé le tribunal

D'après le détail rapporté par Silicon.fr :

  • Le 21 octobre 2026, le tribunal judiciaire de Paris a confirmé une décision de mai 2026 et l'a assortie d'une astreinte de 1 000 € par jour de non-exécution.
  • Quad9 doit bloquer l'accès à plusieurs sites diffusant illégalement des matchs du circuit WTA (tennis féminin), à la demande de beIN Sports France — qui visait aussi Google et Whalebone (opérateur de DNS4EU).
  • Le 17 juillet 2026, le même tribunal avait déjà imposé à Quad9 et Whalebone de bloquer des sites diffusant la Ligue des champions et la Premier League, à la demande de Canal+.

Quad9 a fait appel, mais choisit de se retirer plutôt que d'exécuter : l'astreinte et un effet « boule de neige » (une vingtaine d'affaires en cours) rendent le maintien du service intenable. La fondation refuse un blocage mondial — pour ne pas imposer la loi française au reste du monde — comme un blocage par géolocalisation IP, qu'elle juge techniquement inadapté et contraire à son mandat d'intérêt public.

Cloudflare, traité différemment

Le même tribunal n'a pas tranché de la même manière pour Cloudflare :

  • En avril 2026, Cloudflare avait été sommé de bloquer 21 domaines diffusant la F1 et 16 le MotoGP, à la demande de Canal+. L'opérateur a bloqué au niveau de son CDN, pas de son résolveur DNS (1.1.1.1).
  • Mi-septembre 2026, deux décisions lui ont été favorables : la justice a estimé qu'il avait pris les mesures raisonnablement attendues, en s'appuyant sur un arrêt de la CJUE de 2014 posant une obligation de moyens, non de résultat pour les intermédiaires techniques.

Que faire

  1. Inventoriez vos dépendances à Quad9 : résolveurs configurés sur postes, serveurs, équipements réseau et conteneurs pointant vers 9.9.9.9 / 149.112.112.112.
  2. Préparez une bascule avant le 24 novembre vers un autre résolveur filtrant (ou votre propre résolveur) si vous teniez au filtrage de domaines malveillants qu'offre Quad9.
  3. Ne vous rabattez pas aveuglément sur un résolveur sans filtrage : si Quad9 vous servait de première ligne contre le phishing et les C2, documentez la perte de couverture et compensez-la ailleurs (DNS filtrant, proxy, EDR).

Contexte

Le départ n'est pas isolé : OpenDNS (Cisco) avait déjà quitté la France en juin 2024 pour des raisons analogues. La pression judiciaire sur les résolveurs — portée ici par les ayants droit du sport — déplace le blocage de l'hébergeur vers l'infrastructure de résolution, avec un effet collatéral prévisible : les opérateurs les plus attachés à la neutralité et à la confidentialité sortent du marché français, et il reste surtout ceux qui filtrent déjà.

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