Skip to content

Google ouvre Gmail, Drive et Photos à la pub ciblée via l'IA

Google a modifié ses règles de confidentialité le 16 octobre : Gmail, Drive et Photos peuvent alimenter la pub ciblée si l'utilisateur relie ces services à d'autres produits Google.

Publié le 3 min de lecture

Google a discrètement ajouté une exception à l'une de ses promesses de longue date sur la publicité. Dans la version de ses règles de confidentialité datée du 16 octobre 2026, le contenu de Gmail, Drive et Photos peut désormais servir à personnaliser les annonces si l'utilisateur choisit de rendre ces données disponibles pour d'autres services Google. Le changement, repéré par next.ink, concerne directement les praticiens qui conseillent sur la gouvernance des données et le RGPD.

Ce qui change

La version du 12 octobre indiquait : « Nous ne vous présentons pas d'annonces personnalisées en fonction de vos contenus sur Drive, Gmail ou Photos ». La version du 16 octobre y ajoute une réserve : « sauf si vous choisissez de rendre les données issues de ces services disponibles pour d'autres services Google ».

Autrement dit, la garantie d'étanchéité entre ces trois services et le ciblage publicitaire n'est plus absolue : elle tombe dès que l'utilisateur relie Gmail, Drive ou Photos à un autre produit Google. next.ink relie ce changement à Personal Intelligence, la fonction qui connecte Gemini aux applications Google, mais Google ne confirme pas ce lien.

Qui est concerné, et quand

La version modifiée est en vigueur depuis le 16 octobre et remplace celle du 12 octobre. Google précise que « la connexion de vos applications est entièrement facultative » et assure que les annonces ne seront pas fondées directement sur la boîte Gmail ni sur la bibliothèque Photos, et qu'aucune donnée sensible ne servira à la personnalisation.

Point important pour un public européen : Personal Intelligence n'est pas déployé dans l'Espace économique européen, en Suisse, au Royaume-Uni ni au Nigéria, ni sur les comptes Workspace. La clause prépare donc un terrain qui n'est pas encore ouvert côté UE. Selon next.ink, cette seule formulation ne suffirait pas à remplacer le consentement éclairé exigé par le RGPD — un opt-in enfoui dans des réglages ne vaut pas consentement spécifique et informé.

Que faire

  1. Si vous administrez des comptes Google Workspace, sachez que la clause ne s'applique pas à Workspace — mais vérifiez les comptes grand public utilisés à des fins professionnelles.
  2. Désactivez les recommandations personnalisées dans les réglages du compte Google si vous ne voulez pas que la liaison des applications nourrisse le ciblage.
  3. Ne reliez pas Gmail, Drive ou Photos à d'autres services Google sans en mesurer la portée publicitaire ; la liaison est le déclencheur, pas l'usage quotidien des services.
  4. Côté conformité : documentez la base légale avant tout déploiement UE d'une fonction de ce type, le consentement par clause générale étant régulièrement retoqué.

Lecture entre les lignes

Le schéma est connu : une plateforme élargit l'usage publicitaire de données jusque-là cloisonnées, en s'appuyant sur une fonction d'IA « personnalisée » comme véhicule. La nuance qui compte ici est juridique — une réserve glissée dans une politique de confidentialité n'équivaut pas au consentement du RGPD, et les autorités européennes l'ont déjà rappelé dans l'ad-tech, comme avec l'amende Datatilsynet contre Xandr/Microsoft sur Grindr. Le fait que Personal Intelligence reste hors UE suggère que Google avance prudemment, mais la modification du texte mérite d'être suivie par quiconque suit les dossiers CNIL et RGPD.

Articles liés