NudeLeaksTeens fermé : opération franco-américaine, plus de 17 000 victimes
La gendarmerie (UNCyber) et le DOJ ferment NudeLeaksTeens, plateforme de contenus intimes volés : plus de 17 000 victimes dont des mineures, deux frères interpellés, trois sites fermés le 7 octobre.
Une opération coordonnée entre la France et les États-Unis a fermé NudeLeaksTeens (NLT), une plateforme qui vendait des contenus intimes volés avec les informations permettant d'identifier les personnes représentées. La procureure de la République de Paris Laure Beccuau fait état de plus de 17 000 victimes, dont des mineures. Côté français, l'enquête est menée par l'Unité nationale cyber (UNCyber) de la gendarmerie sous la direction de la section J3 du parquet de Paris ; côté américain, le ministère de la Justice a annoncé la saisie de domaines. La gendarmerie nationale publie le bilan de l'opération, détaillé par ZATAZ et confirmé par un communiqué du Department of Justice daté du 7 octobre 2026.
L'opération
- 6 octobre 2026 : interpellation dans le nord de la France de deux frères, âgés de 21 et 25 ans, soupçonnés d'avoir administré la plateforme — leur culpabilité n'est pas établie. Les sources américaines ne mentionnent que l'administrateur présumé de 25 ans.
- 7 octobre 2026 : annonce de l'opération. Trois sites fermés selon Paris ; le DOJ annonce la saisie de deux domaines.
- Saisies : plus de 700 000 euros en actifs numériques (Bitcoin, Litecoin, USDT, Ethereum). Ce montant ne permet pas d'établir le chiffre d'affaires de la plateforme.
Autorités impliquées : parquet de Paris (J3) et UNCyber de la gendarmerie côté français ; le DOJ et le FBI côté américain. Selon ZATAZ, le parquet fédéral du district oriental de Virginie et le bureau du FBI de Washington ont participé ; le communiqué américain public ne précise pas la juridiction.
Comment la plateforme fonctionnait
Les contenus étaient revendus sous forme de packs, albums et collections. Les sources d'approvisionnement décrites par la procureure : piratage de comptes de réseaux sociaux (Snapchat, Instagram, TikTok, Facebook, selon une annonce reprise par le DOJ), « grooming » et diffusion non consentie de contenus intimes. Les victimes étaient fichées sous leur identité réelle, avec des contributeurs rémunérés en cryptomonnaie pour compléter ces fiches.
Attention aux chiffres : le nombre de 17 000 victimes émane de la procureure de Paris. Le chiffre de 6 200 fichiers d'une collection annoncée est un argument publicitaire de la plateforme, distinct du nombre de victimes — à ne pas confondre.
Mineures et qualification pénale
La procureure indique que des mineures figurent parmi les victimes. Les enquêteurs américains ont établi que la collection comprenait des contenus pédocriminels, et la minorité de certaines victimes au moment des faits a été confirmée. C'est cette dimension qui a déclenché le volet américain de l'enquête et la saisie des domaines par le DOJ.
Que faire
- Victimes : toute personne, en France ou à l'étranger, dont des contenus intimes ont été diffusés sans consentement est invitée à se signaler auprès de l'UNCyber de la gendarmerie, via le canal indiqué dans le communiqué officiel. Conservez les URL et captures comme éléments de preuve, ne les rediffusez pas.
- Pour les équipes sécurité : le vecteur initial reste le vol de comptes de réseaux sociaux. MFA résistante au phishing sur les comptes personnels des collaborateurs exposés, sensibilisation au grooming et au « sextorsion » restent les seuls leviers préventifs à votre portée.
- Signalement de contenus : les contenus pédocriminels se signalent à PHAROS (internet-signalement.gouv.fr) ; ne les téléchargez ni ne les conservez.
Contexte
La fermeture de NLT s'inscrit dans une série de coopérations franco-américaines sur les plateformes de diffusion non consentie et pédocriminelle. Comme pour les services de « lookup » démantelés la même semaine par l'OFAC, la mécanique est la même : des données volées — ici des images privées — réagrégées et monétisées. La saisie de deux domaines et de 700 000 euros d'actifs numériques frappe l'infrastructure, mais les contenus déjà diffusés restent hors de portée d'une injonction de retrait, d'où la priorité donnée au signalement des victimes.