Extension Claude Code vérolée sur Cursor : backdoor SSH, ~5 000 postes
Une copie piégée de l'extension Claude Code (v2.1.313) diffusée via la boutique Cursor a posé une backdoor SSH chez environ 5 000 développeurs le 29 octobre. Cursor a fermé sa marketplace.
Une version piégée de l'extension Claude Code, estampillée 2.1.313, a été distribuée via la boutique d'extensions de l'éditeur Cursor le 29 octobre, exposant environ 5 000 développeurs à une porte dérobée SSH. C'est l'analyse rapportée par Next, qui s'appuie sur les travaux des chercheurs d'OpenSourceMalware, StepSecurity et Phorion. Si vous avez installé cette extension dans cette fenêtre, vérifiez votre authorized_keys avant toute chose.
Ce que faisait le code
Un chargeur JavaScript de quelques dizaines de lignes était inséré en tête du module de l'extension et s'exécutait dès le chargement, avant toute interaction avec Claude. Il :
- ajoutait une clé SSH contrôlée par l'attaquant dans
~/.ssh/authorized_keys, étiquetéesvc-telemetry; - tentait d'activer le service SSH et d'établir un tunnel sortant persistant, relancé environ chaque minute ;
- exfiltrait une fiche de la machine : nom d'hôte, utilisateur, système, IP publique, e-mail Git, dossier de travail.
La persistance passait par un LaunchAgent sur macOS ou une tâche planifiée sur Windows. Plusieurs erreurs de code ont fait échouer l'activation SSH sur une partie des Mac et PC Windows ; l'exécution réussissait en revanche sur Linux. BleepingComputer indique que les données étaient envoyées vers l'adresse 134.209.82[.]225.
Origine et périmètre
Le point d'entrée reste discuté : StepSecurity affirme que la compromission a d'abord touché Open VSX, dont Cursor synchronise le registre, avant de se propager à la boutique Cursor. Cursor a été confirmé comme la source de diffusion effective. La fenêtre d'exposition est courte — de l'ordre d'une dizaine d'heures le 29 octobre. L'extension copiait l'extension officielle Claude Code d'Anthropic ; comment elle a été publiée sous ce nom reste une question ouverte, et Anthropic n'avait pas réagi publiquement au moment des faits.
Que faire
- Chercher la clé
svc-telemetrydans~/.ssh/authorized_keyssur tout poste ayant exécuté Cursor avec l'extension, Linux inclus — c'est l'indicateur le plus fiable publié. - Supprimer la persistance : LaunchAgent sur macOS, tâche planifiée ou script de démarrage sur Windows, et toute entrée relançant un tunnel SSH.
- Bloquer et rechercher les connexions sortantes vers
134.209.82[.]225dans les logs réseau. - Faire tourner les secrets accessibles depuis le poste (clés SSH, jetons Git, identifiants cloud) et invalider les sessions.
- En cas de compromission avérée, réinstaller la machine reste l'option la plus sûre. Cursor a de son côté retiré la version, fermé temporairement sa marketplace, renouvelé ses clés d'accès et fait mettre le serveur attaquant hors ligne.
Contexte
Le motif est désormais familier : l'extension d'un outil de développement devient le vecteur, et la synchronisation entre registres (Open VSX → Cursor) propage le poison au-delà de la place de marché compromise. La leçon pour les équipes n'est pas propre à Cursor : une extension d'IDE s'exécute avec vos droits, voit vos secrets et vos dépôts, et mérite le même contrôle qu'une dépendance logicielle — épinglage de version, revue des mises à jour, et surveillance des écritures dans authorized_keys.